Le véhicule électrique (VE). Voilà un joli pari relevé avec brio par Renault qui vient d’annoncer avoir franchi la barre symbolique non moins colossale du million de véhicules 100% électriques produits par ses usines, depuis 2010 ! Attention, dans ce volume, il n’est nullement question de voitures hybrides, hybrides rechargeables, à hybridation légère ou autre technologie électrifiée, mais plutôt d’engins à motorisation strictement électrique. Du coup, ce cap majeur confirme la viabilité du «made in France» et du véhicule électrique qui, en tout juste 15 ans, est passée du statut de pari technologique à celui de réalité industrielle et même de succès commercial.
Bien que le constructeur au losange qualifie cette dynamique comme «le fruit d’un engagement pionnier», en évoquant le souvenir d’avoir lancé dès 2010 toute une gamme de VE dont des modèles comme la Zoe ou le Kangoo ZE… il n’en demeure pas moins que, l’arrivée de la nouvelle R5 E-Tech a joué un rôle majeur dans l’atteinte de ce premier million. Lancée fin 2024, cette citadine qui réincarne l’icône de toute une génération avait franchi la barre des 100.000 ventes en 2025 et devrait passer le seuil des 200.000 cette année. La demande sur la R5 E-Tech est telle que l’usine de Douai (qui l’a produit) a dû augmenter sa cadence de production, en mettant en place une équipe nocturne !
Du coup et lorsqu’on apprend que cette réussite commerciale ne se faut nullement sur l’autel de la rentabilité, il faut alors aussi y voir la pertinence du plan «Renaulution» et de toute la stratégie industrielle de Renault quant à relocalisation de la production de ses petits VE. Celle-ci est répartie entre trois manufactures du Nord de la France à savoir, Douai, Maubeuge et Ruitz qui forment le pôle de production de véhicules électriques le plus gros et le plus compétitif d’Europe qui s’appelle Ampere ElectriCity. À lui seul, ce dernier a produit 600.000 VE, après avoir profité d’une bonne partie des 13 milliards d’euros d’investissements consentis par Renault. Un budget équivalent sera à nouveau injecté pour consolider cette souveraineté industrielle. De quoi permettre au groupe Renault de prouver au monde entier qu’il n’existe, finalement pas, de «fatalité» asiatique ou chinoise.
«Ce cap du million de véhicules électriques produits par Renault Group en France est avant tout une fierté collective : celle de nos équipes et de nos fournisseurs qui les produisent, celle de nos clients qui les choisissent, et celle d’un Groupe qui a fait le choix d’ancrer durablement son avenir en France. Depuis 2021, nous avons investi 13 milliards d’euros pour bâtir les chaînes de valeur de l’électrique au sein de nos entités en France. Si les conditions sont réunies, nous investirons 13 milliards d’euros supplémentaires dans le cadre de notre plan moyen-terme, futuREady»