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Lotus Eletre X : X, lettre de noblesse et de sport

DNES à Zurich et Munich,

Jalil Bennani

Label sportif par excellence, Lotus est un nom que l’on pourrait résumer à deux références bien connues : son fondateur, l’ingénieur britannique Colin Chapman, puis son fameux slogan, «light is right», que l’on pourrait traduire ainsi : «plus c’est léger, mieux c’est». Sauf que ce serait réducteur d’en rester là. Fondée en 1952, Lotus est une firme au passé très glorieux, avec l’iconique biplace Seven, puis surtout un sacré palmarès en compétition, chiffré à 7 titres de Champion du monde des constructeurs en Formule 1. À partir de là, on comprend aisément pourquoi le géant chinois Geely a jeté son dévolu sur Lotus, au même titre que LK Automotive, qui est présidé par Wahid El Kadiri et qui est désormais l’importateur exclusif de ce label.

En attendant, le lancement imminent de Lotus au Maroc, c’est en Suisse que nous avons été conviés pour découvrir et conduire l’Eletre X, le tout premier véhicule haut sur pattes de la marque. Celui-ci, présenté comme un «hyper-SUV hybride», vise une cible qui «refuse les compromis», nous dit-on ! Des clients exigeants, mais pas que, puisqu’ils réclament à la fois, une conduite profondément engageante, sans devoir choisir entre autonomie, performance, praticité ou longue distance. L’Eletre X répond à tout ce cahier des charges, avec en prime une architecture technique exclusive dite «X-Hybrid», un intérieur hautement raffiné, ainsi qu’une silhouette extérieure savamment sculptée.

S’étalant sur 5,10 mètres de long et pesant autour de 2,6 tonnes, l’Eletre X ne fait clairement pas dans la compacité ni dans la légèreté. Pourtant, il est visuellement fluide à souhait ! Idem dans les faits et en soufflerie, puisqu’il revendique un Cx de 0,26, soit unexcellentcoefficient aérodynamique pour un SUV. Pour y parvenir, ses designers ont opté pour un capot plongeant, une ligne de toit assez basse (1,63 m de hauteur) et une série de prises d’air, auxquelles s’ajoute un aileron arrière actif qui se déploie automatiquement à partir de 100 km/h pour apporter un bel appuie aérodynamique. L’engin a fière allure et plus particulièrement dans sa teinte métallisée Orange Fireglow, qui contraste avec le noir laqué des rétroviseurs, du toit et des grandes  roues de 21’’. On apprécie le décroché de la ceinture de caisse, les rétros-caméras et les feux de jour filiformes qui se superposent aux projecteurs frontaux, meublant une face avant en X. À l’arrière, la signature lumineuse se résume à un liseré fin et courant sur toute la largeur du véhicule. Ne dit-on pas que l’élégance est dans la simplicité ?

Dans l’habitacle, l’Eletre X est loin de la philosophie originelle des premières Lotus, dépouillées et cantonnées au strict minimum. Très loin même. À bord, ce SUV joue une partition très flatteuse, combinant matériaux de haute facture (comme l’Alcantara), une foison d’équipements de confort et le must en sophistications. Sur une planche de bord à la finition très soignée, l’écran central de 15,1 pouces domine, s’entourant de deux minces dalles de 12,6’’, finement agencées. Celle face au conducteur assure l’essentiel des informations, en étant complétée par l’affichage tête-haute, tandis que placée devant le passager avant lui autorise l’accès à la source multimédia, lui permettant ainsi de changer de station de radio par exemple. Un énième écran est disponible aux places arrière et placé sous le diffuseur d’air. Inutile de rappeler qu’avec un tel gabarit, l’Eletre X assure une belle longueur aux jambes des passagers arrière, tout en offrant un coffre de 688 litres ! Enfin, on note un volant joliment dessiné et une kyrielle d’équipements de confort.

Sur ce registre, l’Eletre X joue assurément dans la cour des grands ! En plus des «classiques» fonctionnalités que constituent les caméras à 360°,l’éclairage d’ambiance modulable, le chargeur à induction, l’affichage tête-hauteou encore, les sièges avant chauffants, ventilés et massant, on trouve surtout une installation audio à 23 haut-parleurs signée KEF et puissante de 2.160 Watts, ainsi qu’un toit panoramique fixe composé d’un verre intelligent et à opacité variable instantanément ! Dans le reste des équipements, figurent aussi des aides à la conduite dernier-cri, incluant notamment des caméras haute définition couplées àdes radars et des capteurs LiDAR escamotables, une assistance active de maintien dans la voie et une suspension pneumatique adaptative. Du coup, notre long périple de plusieurs centaines de kilomètres pour relier la ville de Zurich à l’aéroport de Munich ne nous a laissé aucun signe de fatigue !

Bien au contraire. Conduire ce SUV s’est avéré un réel plaisir. L’Eletre X avale les kilomètres dans un confort absolu, faisant preuve d’une tenue de route remarquable et d’un comportement globalement dur à critiquer. Sur les«autobahns» allemandes où la vitesse est illimitéepar endroit, nous avons pu accrocher les 210 km/h en toute aisance et rapidement. Notre modèle d’essai, la version H550 (550 ch/405 kW) est une hybride rechargeable et à ce niveau, Lotus revendique une architecture technique inédite et unique., baptisée «HybridX». En gros, il est question d’un quatre-cylindres essence (2.0 litres turbo), reliéà une imposante batterie de 70 kWh sous 900 V. Des niveaux de puissance aussi élevés que ceux des grandes voitures 100 % électriques !

Concrètement, les roues sont entrainées par deux moteurs électriques dont l’électricité est générée par le bloc thermique, qui joue donc le rôle de générateur, mais ce dernier peut aussi et directement donner son couple aux roues, si le conducteur opte pour une conduite hybride parallèle. L’autonomie totale est annoncée à 1.200 km, dont 305 km en conduite 100% électrique ! Résultat : l’Eletre X fonctionne comme un SUV 100% électrique, offrant ses avantages, mais sans l’angoisse de la panne de borne. Mieux encore, l’engin est compatible avec la recharge rapide (jusqu’à 436 kW) et rempli sa batterie de 20 à 80% en 9 minutes seulement ! Voilà autant d’atouts que l’Eletre X pourra faire valoir, en plus d’un prix annoncé très compétitif (autour du million de dirhams), lorsqu’il sera lancé au Maroc, soit en décembre 2026. Patience alors.

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