Tournant la page Luca de Meo et sa stratégie «Renaultlution», François Provost fait entrer Renault Group dans une nouvelle ère : celle du plan stratégique «futuREady». Une feuille de route misant sur une innovation tous-azimuts, pour anticiper les attentes d’un marché automobile mondial en plein bouleversement. Explications…



«Passer d’une success story à un success system, conçu pour durer». Tel est, en gros et en toute clarté, l’objectif affiché à travers le plan «futuREady», tel qu’il a été présenté par le CEO de Renault Group, François Provost et son équipe dirigeante. Une présentation faite tôt le matin du 10 février, au Technocentre de (Gyuancourt), soit l’antre technologique de Renault. Le choix de ce lieu est tout sauf fortuit. Et pour cause.
Le plan «futuREady repose sur l’accélération de l’innovation partout dans l’entreprise afin d’anticiper les attentes du marché», explique le constructeur dans un communiqué. Le groupe au losange a indiqué qu’il vise «le renforcement de l’excellence opérationnelle afin d’optimiser, accélérer et délivrer efficacement pour construire un modèle résilient». Au cœur de ce nouveau plan, des produits plus compétitifs et une expérience client rehaussée, pour booster la demande et la désirabilité, en vue de créer davantage de valeur.
Dans ce sillage, Renault Group prévoit le lancement de 36 nouveaux modèles d’ici 2030, tout en accélérant son électrification et en développant sa présence à l’international et plus particulièrement sur trois gros marchés considérées comme des «hubs de croissance» et mentionnés par François Provost. Celui-ci mise sur l’Inde où ont été vendues plus de 5 millions de voitures neuves en 2025 et où Renault Group va fabriquer une gamme complète de modèles Nissan. Viennent ensuite, la Corée du Sud (1,67 millions de ventes en 2025) et l’Amérique du Sud (plus de 4,65 millions de ventes en cumulant les marchés du Brésil, du Mexique et de l’Argentine) où le Groupe continuera à s’appuyer sur son partenariat avec Geely.
S’agissant des futurs produits, la présentation de cette nouvelle feuille de route a été l’occasion pour Renault Group de lever le voile sur deux futurs modèles dans les gammes respectives des marques Renault et Dacia. Pour cette dernière, il est question d’un tout nouveau crossover polyvalent (4,62 mètres), baptisé Striker et doté d’un habitacle à 7 places. Pour la firme au losange, un petit SUV (moins de 4 m de long), au look cubique et répondant au nom de Bridger viendra poursuivre son offensive à l’international. Du côté d’Alpine, les journalistes et l’assistance n’ont pu découvrir qu’une structure avec un châssis non carrossé : il s’agit de l’«Alpine Performance Platform» (APP), soit la plateforme qui servira à la prochaine génération du modèle iconique de la marque, le coupé A110.
En fait et en vertu de ce nouveau plan, Renault Group prévoit le lancement de 36 nouveaux modèles d’ici 2030, incluant 16 véhicules 100% électriques (EV), hybrides ou électrifiés. En la matière, sont en gestation une nouvelle plateforme RGEV Medium 2.0, doté soit d’une architecture de 800V et offrant une autonomie jusqu’à 750 km en EV, soit d’un prolongateur d’autonomie (technologie REEV) de 275 ch, qui offre une autonomie atteignant 1.400 km. Plus ambitieux, la marque Renault vise plus de 2 millions de véhicules vendus par an, dont 50% hors d’Europe, puis surtout, 100% de ventes électrifiées en Europe et 50% hors d’Europe. Du côté de la marque Dacia, l’électrification va aussi s’accélérer pour viser les 2/3 des ventes à l’horizon 2030, avec une gamme qui passera de 1 à 4 véhicules électriques.
L’offensive du groupe passe inévitablement par une transformation industrielle radicale, visant à réduire le cycle de développent des modèles à 2 ans seulement. «Tous les nouveaux projets du Groupe sont désormais développés avec cet objectif», indique un communiqué de presse. Ce même objectif suppose une grande agilité et surtout une usine ultra-connectée où l’IA et les robots humanoïdes gèrent plus que l’humain. Cette nouvelle approche sera un pilier de l’excellence opérationnelle et devrait permettre un gain de productivité majeur, avec une économie moyenne de 400 euros par véhicule.
Objectif : garantir la compétitivité de Renault Group et lui ouvrir les vannes d’un free cash-flow annuel de 1,5 milliard d’euros. Bref et plus globalement, avec futuREady, Renault Group est résolu à : s’adapter aux défis d’une industrie automobile mondiale en pleine mutation, booster son électrification, améliorer son internationalisation et accroître sa compétitivité. Il y va de son avenir.





